Lors de la vague de chaleur de mai, plusieurs éleveurs en système herbager ont observé une baisse de production laitière limitée en %. Tandis que leurs voisins plus conventionnels s’inquiétaient de baisses plus importantes.
Ces observations restent ponctuelles et ne permettent pas de tirer des conclusions générales. Elles soulèvent néanmoins une question : les systèmes herbagers présentent-ils certaines caractéristiques qui les rendent plus résilients face aux épisodes de canicules ?
Cette observation nous donne envie de creuser la question lors de futures études, mais voici les hypothèses qui permettraient de les expliquer.
Races, santé et niveau de production
Les vaches très productives seraient plus sensibles à la chaleur car leur métabolisme produit davantage de chaleur interne, (Cartwright et al., 2023). De plus la thermorésistance semble corrélée à la résistance aux maladies, ainsi qu’à un des animaux selon cette étude. Ces caractéristiques seraient un critère de sélection plus présentes dans les systèmes herbagers. Par exemple les races types Frison ou Jersiaise qui présentent ce bon équilibre hauteur/largeur et se retrouvent plus dans les systèmes herbagers.
Enfin les vaches des systèmes herbagers sont souvent moins sujet aux acidoses subcliniques et aux boiteries. Ce meilleur état de santé leur permettrait de mieux encaisser le stress lié à la chaleur.
Acclimatation et aménagements
Les vaches des systèmes herbagers sont habituée à sortir par tout temps et cette habitude leur permet de mieux supporter des épisodes caniculaires. De plus en sachant l’importance du pâturage dans leur systèmes, la majorité des systèmes herbager ont implanté des haies pour fournir de l’ombre aux animaux.
De bâtiments très aménagés efficaces ?
Certains éleveurs rapportent que leurs vaches sont mieux en bâtiment que dehors, tandis que c’est l’inverse chez d’autres. Il est possible que certains élevages très intensifs limitent eux aussi les pertes de production lors des fortes chaleurs, mais grâce à des bâtiments fortement aménagés : ventilation performante, brumisation, isolation ou encore pilotage automatisé de l'ambiance.
Ces équipements peuvent s'avérer indispensables pour maintenir le confort thermique de vaches à haut niveau de production. La question mérite toutefois d'être posée à l'échelle du système :
"Si la résilience face aux canicules est permise grâce à des aménagements coûteux et consommateurs d'énergie, ces solutions sont-elles durables ?"
Votre avis nous intéresse !
Nous n’affirmons pas avec certitude que les systèmes herbagers sont plus résilients face aux épisodes de chaleurs, mais quelques observations réalisées sur le terrain nous donnent envie de creuser la question. Nous aimerions avoir votre avis sur la question : qu’observez-vous dans vos fermes et celles des voisins ?
L’idée n’est pas de faire une compétition entre systèmes, mais d’apprendre des méthodes intéressantes dans l’optique d’une intensification des périodes de fortes chaleurs dans les années futures.








