Depuis 4 ans, le projet TRANSAE, s'est attaché à analyser le travail les agriculteurs.trices pour mieux les accompagner dans sa transformation. Le Ré seau des CIVAM normands s'est basé sur les résultats du projet pour proposer des nouveaux accompagnements qui permettent aux professionnels agricoles de trouver leur équilibre. (Cf. Panse Bête n° 21 et n° 24). La restitution du projet s’est faite sous le format d’un webinaire le 11 mai 2020. Cette rencontre en ligne a permis de présenter aux 140 participants le projet et les résultats au travers de différents témoignages d’agriculteurs, d’animateurs, de formateur, de chercheurs. Au total ce sont 14 intervenants (dont 6 agriculteurs.trices) qui ont participé à la restitution du projet !LogoTransae

 

Le travail est un sujet peu abordé auprès des agriculteurs

Après quatre ans de travail, le projet de recherche Transaé (Transformations du travail et Transitions vers l’Agro-Ecologie) a rendu ses conclusions au sujet de l’approche du travail en agriculture.
Durant ce projet collectif, il s'est avéré que les questions sur le travail (pénibilité, équilibre vie professionnelle/vie privée, sens du métier...) n’étaient que très peu abordées, que ce soit par les agriculteurs ou par les acteurs du monde para-agricole. Ces questions sont souvent limitées à une question de temps de travail. Pourtant, elles sont centrales dans l'organisation de la ferme puisqu'elles peuvent traduire, le cas échéant, un décalage entre le système souhaité par l’agriculteur-trice et le système réel. 

Quelques questions centrales sont ressorties durant le projet :
• Pourquoi est-il indispensable en tant qu’agriculteur d’identifier ses questionnements travail ?
• En quoi le travail est-il une porte d'entrée pertinente pour initier et accompagner la transition des personnes et des collectifs vers une agriculture plus durable ?
• Quels outils et méthodes pour accompagner sur les questions liées au travail sur les exploitations ?
• Comment donner une place au travail en formation initiale ?

 

Itravail webl faut apporter un autre regard sur le travail à l'ensemble des acteurs du monde agricole

  • Pour les agriculteurs-trices et futurs agriculteurs-trices (d’autant plus), ce nouveau regard sur le travail doit leur permettre de répondre aux questions qui se posent à eux. Il est important qu'ils puissent faire un comparatif entre leurs objectifs personnels, professionnels, leurs valeurs et la réalité de la ferme dans laquelle ils évoluent.

  • Pour les animateurs, les techniciens, les conseillers, c’est-à-dire tous les accompagnateurs du monde agricole, ce nouveau regarde réinvente l'approche auprès des agriculteurs et porteurs de projets. Le travail étant au centre des systèmes de production, c’est un volet incontournable à prendre en compte pour réfléchir sur les choix techniques. Il est donc aussi une excellente entrée pour aller vers l’approche système. Pour les accompagnateurs de l’installation agricole, il est donc tout aussi incontournable d’amener les porteurs de projets ou agriculteurs-trices en cours d’installation à anticiper les questions travail.

  • Pour les enseignants, c'est un sujet a abordé autrement. Les élèves étant de plus en plus amenés, dans leurs cursus, à analyser des situations concrètes de travail, il est donc essentiel de pouvoir outiller formateurs et enseignants pour aborder la diversité des dimensions du travail avec les futurs installés.

 

Les outils du projet Transaé s'adaptent à chaque public

Pour ces différents publics, les participants au projet Transaé ont conçu des productions variées :

  • des vidéos d’accompagnement travail pour agriculteurs et futurs agriculteurs;
  • des fiches mémo pour les animateurs (Accompagner la résolution des problématiques de travail dans des collectifs de travail, Initier une réflexion travail dans un groupe d’éleveur.ses, Tracer les évolutions du travail pour faciliter leur accompagnement) ;
  • une formation à destination des animateurs;
  • une formation à destination des enseignants/formateurs…

La première formation à destination des animateurs a lieu à fin 2020, avec une première « promo » de 12 animateurs formés aux outils Transaé. A l’échelle locale, ce sont deux animatrices (Coline Robert et Célie Bresson) du Réseau des CIVAM normands qui se sont formées pour mieux accompagner les agriculteurs et agricultrices normand.e.s sur cette thématique.
Pour plus d’infos : https://www.civam.org/experimenter-sur-les-fermes/transae/

 

De nouveaux accompagnements « travail » au Réseau des CIVAM normands !

Suite à ces 4 années d’expérience enrichissante dans le cadre du projet Transaé, Célie Bresson, Chargée de projet élevage et Coline Robert, Animatrice systèmes herbagers, apiculture et gestion du travail, ont décidé de proposer de nouveaux accompagnements collectifs et individuels à destination des fermes rencontrant des difficultés liés au travail, ou tout simplement des fermes souhaitant prendre en main le sujet pour vivre sereinement leur métier d’agriculteur.trice.


Depuis 2019, plusieurs journées collectives ou formations ont été organisée en Normandie pour échanger sur des situations de travail problématiques, ou pour mieux gérer la question de la main d’œuvre sur la ferme et l’embauche d’un salarié. En parallèle, suite à des demandes individuelles d’agriculteurs et agricultrices, les deux chargées de projet du Réseau des CIVAM normands ont mis en place un suivi individuel sur le thème du travail. Ce suivi peut être financé à hauteur de 80% par la Région Normandie dans le cadre des chèques CAS2E. Deux formules sont possibles :Echanges eleveurs ovins

  • pour l’accompagnement d’une exploitation individuelle : un suivi sur 8 mois à 1 an (trois rendez-vous) pour 240€ (+ 240€ de TVA, récupérable) (avec un financement de la Région de 80% soit 960€);
  • pour l’accompagnement d’un GAEC : un suivi sur 8 mois à 1 an (trois rendez-vous, avec des temps individuels avec chaque membre du GAEC) pour 375€ (+ 375€ de TVA, récupérable) (avec un financement de la Région de 80% soit 1500€).

 

"Je repars avec plein de questions et de choses à discuter avec mon mari. Le fait d'échanger, il n'y a rien de mieux. Quand on est dans sa ferme, on a toujours quelque chose à faire, et puis souvent on est seul, il faut le dire. Il faut se donner du temps pour aller aux réunions car ce n'est que du bonus.", citation d’une éleveuse ayant participé à une journée de groupe sur le travail en mars 2020.


Si tout cela fait écho à des questions que vous avez sur votre ferme ( tout le monde en a !), contactez-nous pour voir les possibilités qui existent en matière d’outils que vous voudriez découvrir ou d’accompagnement. Si vous êtes professeur auprès d’un public de futurs agriculteurs.trices (Lycées agricoles, MFR, etc.) et que vous souhaitez aborder la thématique du travail avec vos élèves, n’hésitez pas à consulter le site du projet (lien vers le site : https://www.civam.org/experimenter-sur-les-fermes/transae/) ou nous contacter pour organiser une intervention sur le sujet !